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L’interprofession porcine se mobilise pour renouveler les générations

L'interprofession porcine demande une enveloppe de cinq milliards d'euros pour investir dans l'amont de la filière.

Face au vieillissement des éleveurs et des dirigeants d’entreprises de charcuterie, la filière porcine française tire la sonnette d’alarme. L’interprofession Inaporc appelle à un plan d’investissement pour assurer le renouvellement des générations et ainsi préserver l’autosuffisance du pays en viande porcine.

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« 40 % des volumes [de porc] produits en France le sont par des éleveurs de plus de 55 ans », a alerté Philippe Bizien, président d’Inaporc, lors d’une conférence de presse le mardi 10 février 2026. Dans le même sens, plus de 35 % des dirigeants d’entreprises de charcuterie ont plus de 60 ans.

Des volumes et des savoir-faire menacés

« Un arrêt massif de l’activité est prévisible », poursuit-il, pointant les nombreux départs à la retraite attendus d’ici à 2035, tant dans l’amont que l’aval de la filière. « Si on n’arrive pas à transmettre les élevages et les entreprises de transformation, des volumes et des savoir-faire vont disparaître », s’inquiète le président de l’interprofession porcine.

Avec des rentabilités affaiblies en aval et un cours du porc qui chute en amont, la pérennité de la filière est menacée, notamment sur la question du renouvellement des générations. Inaporc et les professionnels du secteur ont présenté plusieurs propositions lors des « conférences des souverainetés alimentaires » initiées par la ministre de l’Agriculture. Un de leur objectif est de lever les freins à l’installation des jeunes et ainsi préserver l’autonomie de la filière, actuellement autosuffisante à 98 %.

Rendre les élevages de porcs attractifs

Pour compenser les départs à la retraite, l’interprofession estime qu’il faut reprendre ou créer au moins 100 élevages par an (d’environ 300 truies chacun) au cours des dix prochaines années. Elle réclame pour cela un plan d’investissement de 5 milliards d’euros destiné principalement à moderniser les bâtiments d’élevage, avec notamment des maternités « libertés », où les truies ne sont plus entravées.

« Il est plus agréable et plus simple de travailler dans un bâtiment neuf », souligne Philippe Bizien. Au-delà de l’attractivité du métier, de tels investissements permettraient aussi de décarboner la production et d’améliorer les performances techniques, grâce à de meilleures conditions de ventilation et de chauffage.

Philippe Bizien, le président d'Inaporc, insiste sur l'importance d'investir dans les bâtiments d'élevage.

L’attractivité passe également par une ouverture vers le grand public et les jeunes. « Il faut accepter les stagiaires dans nos élevages, […] parler du cochon dans les filières agricoles, encourage Philippe Bizien. C’est probablement le métier en agriculture où on peut le mieux s’organiser […] où il y a le moins de contraintes et où les salariés sont relativement bien payés pour leurs qualifications. »

Investir dans l’aval

Le renouvellement des générations ne concerne pas seulement les élevages mais aussi les entreprises de transformation. Inaporc préconise d’allouer 2 milliards d’euros sur dix ans au renforcement de la structuration de la filière de l'aval.

Les objectifs ici seraient de maintenir un maillage territorial cohérent en matière d’abattoirs et de soutenir la transmission des entreprises grâce au dispositif Pacte Dutreil, tout en simplifiant les procédures administratives.

Cependant, un risque majeur pèse sur cet équilibre fragile : la peste porcine africaine. Une éventuelle épidémie fragiliserait durablement le renouvellement des exploitations, notamment celles des jeunes agriculteurs, souvent plus fragiles sur le plan économique.

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